[R-P] [Gilles Munier] La próxima víctima después de Yunis puede ser Abd El Yalil
Néstor Gorojovsky
nmgoro en gmail.com
Mie Sep 28 09:01:02 MDT 2011
[La prensa argelina es una fuente alternativa de gran importancia. En
el pensamiento imperialista y colonialista de la Francia de hoy,
Argelia es el próximo país a poner en caja. Los argelinos lo saben.
Recordar: son los mismos tipos que dieron un millón y medio de vidas
para obtener su independencia, en 1962. Lamento no poder traducirlo
por falta de tiempo. Quizás otro...]
Mardi 27 septembre 2011
Libye : Abdeljalil serait peut être la prochaine victime après Younes
Interview de Gilles Munier par Ramdane Belamri (El Khabar- Algérie -27/9/11)
Gilles Munier, journaliste indépendant et écrivain, a vécu une grande
partie de sa jeunesse en Algérie et au Maroc, où sa famille soutenait
le FLN. Il s’est engagé dans la vie militante à Alger, de 1962 et
1970, en soutenant la lutte du peuple palestinien, et a approfondi sa
perception de l’islam grâce à Malek Bennabi. Il est l’auteur du Guide
de l’Irak (Jean Picollec Ed. 2000), des Espions de l’or noir
(Alphée-Koutoubia, 2009) et a coordonnée la traduction en français de
Zabiba et le roi (Ed. du Rocher, 2003), roman écrit par Saddam Hussein
qu’il a rencontré à cinq reprises. Il collabore aujourd’hui au mensuel
Afrique Asie et rédige le blog France-Irak Actualité.
El Khabar : Où va la Libye ? A votre avis, vers un avenir de paix
comme le proclame Nicolas Sarkozy, ou vers des luttes de clans entre
membres du CNT, et entre le CNT et l’AQMI ?
Gilles Munier : Malheureusement, l’avenir de la Libye est sombre et
incertain. La guerre entre clans du CNT, entre le CNT et le Groupe
islamique de combat, derrière lequel se profile l’AQMI, a commencé
avec l’intervention de l’OTAN. Ces luttes se sont manifestées lors de
l’assassinat du général Younès. Qui sera la prochaine victime :
Mustapha Abdeljalil, président du CNT ? Mahmoud Djibril, son n°2 ? Ali
al-Issaoui, chargé des Affaires étrangères ? Des personnalités comme
Abdel Hafiz Ghoga, avocat militant des droits de l’homme, ou le cheikh
salafite Ali Salabi qui font aussi partie du CNT ont évidemment plus
de légitimité que les agents occidentaux.
Dernièrement, tandis que le CNT annonçait la constitution prochaine
d’un gouvernement « de crise », les chefs des combattants de terrain
créaient à Misrata une Union des Bataillons Révolutionnaires.
Aujourd’hui, les commandants des conseils militaires de Tripoli et de
Benghazi – membres du Groupe islamique de combat libyen (GICL) -
estiment ne pas avoir de comptes à rendre au ministre de la défense du
CNT, désigné parmi les membres de la tribu du général Younès pour
calmer son désir de vengeance. On a tort de mettre le GICL et l’AQMI
dans le même sac. La première n’est pas inféodée à l’autre, mais il
existe des passerelles entre les deux organisations qui se sont
trouvées, comme l’a dit Abdelkrim Belhadj, commandant militaire de
Tripoli, « au même endroit, au même moment ». Ce qui est certain,
c’est que les services occidentaux ont profité de la guerre de Libye
pour nouer des contacts avec les organisations islamiques, dresser des
listes de leurs membres, dans la perspective de les utiliser ou de les
éliminer. Les militants du GICL savent par expérience qu’ils n’ont
aucune illusion à se faire sur les arrière-pensées occidentales. Leur
sort dépendra du timing des prochains pays à déstabiliser. Après la
Libye et la Syrie, qui ? L’Algérie peut-être. La récente déclaration
attribuée à Sarkozy – « dans un an l’Algérie, dans trois l’Iran » - et
les propos « off » tenus par ambassadeurs français sur l’état de
l’Algérie – « pays pathétique », « bloc monolithique »…etc… -,
obligeamment diffusés par le magazine pro-israélien Valeurs Actuelles,
le laissent penser. La livraison d’armes aux rebelles berbéristes du
djebel Nefoussa en Libye, n’était certainement pas innocente.
El Khabar : Sur le plan sécuritaire, pensez-vous que Kadhafi puisse
résister longtemps ?
Gilles Munier : Kadhafi n’a pas les moyens de résister longtemps
frontalement. Le rapport de force est trop inégal. Mais, quelle que
soit la suite des événements, le combat des Libyens hostiles à
l’occupation de leur pays par l’OTAN se poursuivra. Si les Occidentaux
parviennent à arrêter ou à tuer Kadhafi, d’autres leaders prendront sa
suite. A Tripoli, la résistance s’organise, les pro-CNT rasent les
murs. Le « cirque Sarkozy », avec ses 160 CRS en civil, n’a planté sa
tente que quelques heures en Libye pour des raisons de sécurité. Pas
très glorieux pour un « vainqueur » ! Cela rappelle George W. Bush sur
son porte-avion, déclarant qu’il a gagné la guerre d’Irak… On connaît
la suite.
El Khabar : Justement, selon vous qui suivez depuis des années
l’évolution de la situation en Irak, peut-on comparer les guerres du
Golfe et celle de Libye ?
Gilles Munier : Oui et non. En Irak, l’intervention militaire
occidentale terrestre et aérienne était massive. Le pays, sous embargo
depuis 13 ans, était sur les genoux. Bagdad est tombé après
l’utilisation par les Américains d’une arme nouvelle – probablement à
neutrons – dans la bataille de l’aéroport. L’opposition financée par
la CIA est arrivée dans les fourgons de l’armée d’occupation. Saddam
Hussein a été arrêté et exécuté, mais la résistance n’a pas cessé. Les
victimes civiles se comptent par centaines de milliers. Selon des
statistiques officielles américaines et irakiennes, plus de 2.600
civils, policiers et militaires irakiens, ainsi que 35 soldats
américains, ont été tués en Irak depuis un an. Ce qui n’empêche pas le
Premier ministre Nouri al-Maliki de déclarer que l’Irak « est la
région la plus sûre du monde arabe » ! En fait, le pétrole coule à
flot. Ses revenus font de l’Irak un des quatre pays les plus corrompus
du monde. Les Irakiens manifestent tous les vendredis pour réclamer de
meilleures conditions de vie et des élections réellement
démocratiques, dans l’indifférence des médias occidentaux. Le label
médiatique « révolution arabe » n’est alloué qu’en fonction des
intérêts occidentaux.
En Libye, ce sont les bombardements de l’OTAN, les livraisons d’armes,
les valises d’euros et l’intervention au sol des forces spéciales
françaises et britanniques, et des sociétés militaires privées, qui
ont permis aux opposants de progresser et de prendre Tripoli. Le CNT
tiendra-t-il la promesse d’allouer 35% du pétrole libyen à la France ?
J’en doute. Achètera-t-il les avions Rafales et la centrale nucléaire
refusés par Kadhafi ? En Irak, les copains de Bush s’en sont mis plein
les poches ; en Libye ceux de Sarkozy attendent qu’on leur renvoie
l’ascenseur. Quant au coût de l’opération pour les Français, Alain
Juppé s’en moque, « c'est un investissement sur l'avenir », dit-il. A
voir…
http://fr.elkhabar.com/?Abdeljalil-serait-peut-etre-la
En arabe : http://www.elkhabar.com/ar/monde/266321.html
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Néstor Gorojovsky
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