[R-G] La gestion de l'eau, un défi pour demain à traiter aujourd'hui
Yoshie Furuhashi
critical.montages at gmail.com
Wed Sep 3 09:49:31 MDT 2008
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La gestion de l'eau, un défi pour demain à traiter aujourd'hui
LE MONDE | 03.09.08 | 14h24 • Mis à jour le 03.09.08 | 17h21
MONTPELLIER ENVOYÉE SPÉCIALE
Les sociétés humaines doivent réformer rapidement leur gestion des
ressources en eau douce, sur lesquelles pèsent des pressions de plus
en plus importantes. Sans changements, la sécurité hydrique,
alimentaire et énergétique de certaines régions du monde serait
compromise. Tel est, en substance, le message des organisateurs du 13e
congrès mondial de l'eau, qui a lieu à Montpellier du lundi 1er au
jeudi 4 septembre.
"Pendant longtemps, la ressource en eau a été disponible, en grande
quantité, et de bonne qualité. Elle était considérée comme
inépuisable, résume Cecilia Tortajada, présidente de l'Association
internationale des ressources en eau (IWRA), co-organisatrice du
congrès. Ce n'est plus le cas, nous approchons maintenant des limites.
Notre objectif est de générer de la connaissance sur ce sujet, et de
pousser les décideurs à anticiper les défis à venir."
Le congrès de Montpellier, à dominante scientifique, se tient quelques
mois avant la réunion du Forum mondial de l'eau, fixé en mars 2009 à
Istanbul, qui rassemblera politiques, industriels et organisations non
gouvernementales. Quelque 260 communications sont prévues en Hérault :
évolution du débit des fleuves ouest-africains, impact du
réchauffement climatique sur l'irrigation du riz en Chine, gestion des
conflits entre usagers en Espagne, etc.
Toutes explorent les multiples facettes d'une même réalité : au moment
où la population mondiale s'accroît, l'eau se fait plus rare. Première
cause de déséquilibre : le réchauffement climatique. La température
augmentant, l'évaporation de l'eau des fleuves et des rivières est
plus importante, donc la quantité d'eau disponible dans
l'environnement moindre. Le régime des pluies étant aussi affecté, les
disparités entre régions du monde, déjà considérables, devraient être
accentuées.
SUREXPLOITATION
Le deuxième grand facteur de raréfaction est l'accroissement des
pollutions d'origine urbaine, industrielle ou agricole. "Très peu de
pays traitent correctement leurs eaux usées, remarque Cecilia
Tortajada. A Mexico, le principal cours d'eau est tellement pollué que
la ville doit aller prélever son eau potable à des kilomètres."
La salinisation des eaux douces, due à la surexploitation des nappes
phréatiques côtières ou des fleuves, les rend également impropres à la
consommation sans de coûteux traitements préalables.
Or les besoins en eau augmentent. La croissance de la population
mondiale, qui a lieu essentiellement dans des mégapoles, concentre la
demande dans l'espace, ce qui complique l'approvisionnement en eau
potable. Mais ce sont surtout les volumes nécessaires pour assurer
l'alimentation de la population mondiale à l'avenir qui inquiètent.
Aujourd'hui, 70 % en moyenne du volume d'eau douce prélevé dans le
monde vont au secteur agricole.
"Les cultures irriguées ont un rendement deux à trois fois supérieur
aux cultures pluviales, explique Michel Jarraud, secrétaire général de
l'Organisation météorologique mondiale (OMM). L'irrigation devra être
développée, mais son efficacité dans l'utilisation de l'eau devra
s'accroître." Le choix des plantes cultivées devra également tenir
compte de la moindre disponibilité en eau, selon M. Jarraud.
De plus, l'augmentation du prix de l'énergie et la lutte contre les
émissions de gaz à effet de serre incitent les Etats à développer les
ressources alternatives, comme l'hydroélectricité, mais aussi les
centrales thermiques ou nucléaires, qui ont besoin de gros volumes
d'eau pour leur refroidissement, ou les agrocarburants, eux aussi
consommateurs d'eau.
Ces évolutions imposent des réponses tous azimuts : meilleure
connaissance des ressources, création d'infrastructures de stockage et
de traitement des eaux usées, maîtrise de la consommation et des
pollutions, réexamen des politiques agricoles, nouvelles méthodes
d'arbitrage entre des usagers qui entreront de plus en plus en
conflit...
Les participants au congrès de Montpellier l'ont martelé : ces
réponses doivent être élaborées par les Etats, les collectivités
locales et les usagers concernés. "En matière d'eau, chaque situation
est particulière. Et, contrairement au pétrole, l'eau ne peut pas être
transportée sur de longues distances, rappelle Pierre Chevallier,
directeur de l'Institut languedocien de recherche sur l'eau et
l'environnement (IDEE) et président du comité d'organisation du
congrès. La correspondance entre les quantités disponibles et les
usages ne peut se trouver qu'au niveau local."
Gaëlle Dupont
Chiffres
Réserves d'eau. En 2025, 8 milliards d'habitants devront se partager
la même quantité d'eau douce qu'aujourd'hui. Les réserves s'élèveront
en moyenne à 4 800 m3 par an et par habitant, contre 7 300 en 2000 et
16 800 en 1950.
Eau disponible. L'Amérique du Sud dispose du quart de l'eau disponible
dans le monde, mais n'accueille que 6 % de la population. A l'opposé,
60 % des habitants de la planète vivent en Asie, qui ne détient qu'un
tiers de l'eau disponible.
Pénurie d'eau. 30 % de la population mondiale dispose de moins de 2
000 m3 par an et par habitant. Les régions les plus exposées par la
pénurie d'eau sont le Sahel, la Méditerranée, le Moyen-Orient, le sud
des Etats-Unis et l'Asie.
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