[R-G] La Ligue communiste révolutionnaire donne le coup d'envoi de la création d'un nouveau parti

Yoshie Furuhashi critical.montages at gmail.com
Sat Jan 26 14:19:38 MST 2008


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La Ligue communiste révolutionnaire donne le coup d'envoi de la
création d'un nouveau parti
LE MONDE | 24.01.08 | 12h21  •  Mis à jour le 24.01.08 | 12h21

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) a décidé de commencer sa
mue. Réunis en congrès du 24 au 27 janvier à Saint-Denis, ses
militants lancent une "adresse pour un nouveau parti", un appel à
rejoindre les "comités de base" qui doivent être mis en place au
printemps.

Olivier Besancenot et la direction constituée autour de lui ont gagné
la bataille interne. Les résultats des congrès locaux leur donnent une
majorité de 83 % – du jamais vu dans l'histoire de la "Ligue" –, alors
que la minorité emmenée par Christian Picquet, hostile à la
"proclamation d'un nouveau parti anticapitaliste, ersatz de la LCR",
sans alliance avec d'autres courants antilibéraux, se voit réduite à
13,9 % (contre 26 % en 2006).

Depuis son bon score à l'élection présidentielle – 4,08 % –, le
porte-parole de la LCR est convaincu que la "vieille Ligue" a vécu et
qu'il faut construire "une nouvelle représentation politique des
exploités et des opprimés", comme le précise le texte de la direction.
Les quelque 300 délégués du congrès vont lancer un appel pour créer un
nouveau parti, "anticapitaliste, indépendant du système politique
institutionnel et voulant une transformation révolutionnaire de la
société".

Cet appel s'adresse à "la gauche issue des luttes", chère à M.
Besancenot, pas aux autres organisations de la gauche radicale. La LCR
espère ainsi attirer, dans des "comités de base", les sympathisants
rencontrés durant la campagne présidentielle, déboussolés par l'atonie
du reste de la gauche. "Par le haut, c'est bloqué; par le bas, il y a
un souffle qui passe, en rupture avec la gauche traditionnelle",
explique-t-il.

Les quelques courants que la direction espérait séduire – Fraction de
Lutte ouvrière (minorité) ou Alternative libertaire – ont décliné
l'invitation. Dès février, des premières assemblées locales
constituantes vont être organisées, notamment dans les villes comme
Marseille ou Mulhouse, où des appels locaux ont été lancés avec
succès.

"ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONSTITUANTE"

En avril, commence la "phase constitutive", avec un nouvel appel
"large", puis en mai, la LCR convoquera une "assemblée générale
constituante" en vue de la préparation du congrès de lancement en
décembre 2008. "Cela implique une dynamique forte de mobilisation de
l'organisation et une détermination sans faille de la direction", note
un document du bureau politique. Le ton est volontariste comme pour
masquer que les "grappes de militants" espérées ne sont pas au
rendez-vous.

Les effectifs de l'actuelle LCR, comptabilisés pour le congrès, n'ont
pas autant progressé que prévu après l'élection présidentielle. De 2
600 adhérents revendiqués en 2006, l'organisation trotskiste est
passée à 3 100 aujourd'hui. Les réunions organisées autour du nouveau
parti depuis septembre ont attiré du monde mais pas autant que prévu.

"On n'est pas dans une logique de gestion des flux ni de coup
politique. La crise historique de la gauche laisse un vide qu'il faut
remplir et, pour cela, la Ligue créée en 1968 n'est plus un outil
adapté", assure Pierre-François Grond, membre du bureau politique.

La minorité dénonce, elle, une marche forcée. "La direction veut
absolument boucler son projet avant les élections européennes de 2009,
histoire de bloquer toute négociation avec d'autres courants à
gauche", estime M. Picquet.

Reste à passer les élections municipales. La LCR a du mal à gérer cet
épisode qui prévoit des alliances en décalage avec le schéma prévu
pour le nouveau parti. Certaines fédérations ont noué des discussions
avec des collectifs antilibéraux, Lutte ouvrière ou le PCF; dans
d'autres villes, la LCR part seule.

La direction sait que ses scores risquent d'être faibles. "Il faut
être prudent, c'est une élection difficile pour nous", explique M.
Grond qui annonce quelque 180 listes. Olivier Besancenot a annoncé
qu'il ne serait pas candidat dans le 18e arrondissement de Paris où il
habite. "Etre la quatrième personnalité en vue à gauche dans les
sondages et faire 3 %-4 % dans un quartier populaire ferait mauvais
effet", lâche un dirigeant.

Sylvia Zappi
--
Yoshie
<http://montages.blogspot.com/>



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