[R-G] A Istanbul, le président soudanais défie la Cour pénale internationale

Yoshie Furuhashi critical.montages at gmail.com
Thu Aug 21 09:05:04 MDT 2008


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A Istanbul, le président soudanais défie la Cour pénale internationale
LE MONDE | 21.08.08 | 15h00  •  Mis à jour le 21.08.08 | 15h00

ISTANBUL CORRESPONDANCE

Les débats du sommet de la coopération Turquie-Afrique, qui
réunissait, mercredi 20 août, les représentants de cinquante pays
africains à Istanbul, auront été éclipsés par la présence d'un seul
homme : le chef de l'Etat soudanais, Omar Al-Bachir, qui effectuait sa
première sortie à l'étranger depuis qu'il est menacé d'une inculpation
pour "génocide" par le procureur de la Cour pénale internationale
(CPI) de La Haye. M. Al-Bachir est mis en cause pour son rôle présumé
dans les crimes au Darfour.

Mercredi, au cours d'une conférence de presse tenue en marge du
sommet, le président soudanais a vigoureusement rejeté les accusations
et jugé "inexistante" la thèse d'un génocide. "Si les chiffres étaient
exacts, il devrait y avoir des fosses communes. Où sont-elles ?",
a-t-il lancé, goguenard, aux journalistes.

M. Al-Bachir a également balayé la possibilité de voir des
responsables soudanais être jugés par la Cour pénale internationale.
"Nous avons nos propres institutions judiciaires. (...) Nous ne
livrerons jamais l'un de nos citoyens pour être jugé à l'étranger."

Le président turc, Abdullah Gül, a demandé à Omar Al-Bachir d'agir
avec responsabilité et de "mettre fin aux souffrances" qui déchirent
la province du Darfour. L'accueil du chef de l'Etat soudanais, qui
avait déjà effectué une visite officielle controversée à Ankara en
janvier, a suscité une nouvelle polémique dans la presse turque.

ANKARA N'A PAS RATIFIÉ LE TRAITÉ

Les organisations de défense des droits de l'homme ont également
critiqué la Turquie, qui n'a toujours pas ratifié le traité fondateur
de la CPI. Ce qui mettait Omar Al-Bachir, qui peut de toute façon
circuler librement tant que son inculpation n'est pas confirmée par
les juges de la CPI, à l'abri d'une éventuelle arrestation.

L'ambassadeur soudanais auprès des Nations unies, Abdelmahmoud
Abdelhalim, avait dénoncé, à l'approche du sommet d'Istanbul, les
motivations politiques de l'inculpation qui menace son président.
"Nous n'y porterons aucune attention, notre président continuera à
voyager", avait déclaré le diplomate.

La "déclaration d'Istanbul", signée mercredi, projette de développer
les relations commerciales et la coopération énergétique entre Ankara
et les pays africains. Le Soudan est l'un des principaux partenaires
commerciaux de la Turquie sur le continent.

Guillaume Perrier



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