[A-List] What the « Radio-Cadenas »/CROP bilingualism poll airbrushes
Jim Yarker
sjy_estrien at sympatico.ca
Thu Apr 12 00:21:21 MDT 2007
namely, that the French Canadian nation everywhere outside Québec is on an
aller simple to becoming a folklore museum, and that if it's been spared
this fate within Québec to date - albeit tenuously - this has entirely to do
with « Québécois nationalists » and nothing at all to do with the English
Canadian left and its sanctimonious lesson-givers, or the NDP, or the
Charter of Rights or the Supreme Court, or maoist fraudsters on the fed
payroll or altermondialist wankoffs treating Montréal to English anarchist
graffitti, etc and is being achieved despite them.
http://lautjournal.info/autjourarchives.asp?article=2748&noj=257
La peau de l'ours !
N° 257 - mars 2007
Les anglophones du Québec seraient des martyrs
Quand Radio-Canada se gargarise de bilinguisme
Charles Castonguay
Pour marquer le 40e anniversaire du rapport de la Commission
Laurendeau-Dunton, Radio-Canada a fait grand battage pendant une semaine
autour dun sondage CROP sur le bilinguisme. Procédé qui en dit long sur la
qualité de linformation diffusée par Radio-Canada.
CROP a écarté de son échantillon tous les Canadiens qui ne parlent pas
langlais ou le français comme langue dusage à la maison. Il sagit de 3
millions de personnes, soit 10 % de la population. Le site de Radio-Canada
présente néanmoins les résultats comme représentatifs de lensemble des
Canadiens. La Commission Laurendeau-Dunton avait été plus respectueuse des
allophones et des Autochtones.
Le sondage est tout aussi faussé en ce qui concerne les minorités
francophones. La majorité des francophones hors Québec dans léchantillon
CROP habitaient des comtés du Nouveau-Brunswick et de lOntario avoisinant
le Québec alors que, en réalité, la plupart vivent dans un environnement où
ils sont beaucoup plus minoritaires et moins bien lotis.
Léchantillon nest donc pas représentatif non plus des minorités
francophones. À tel point que selon les résultats obtenus par CROP pour
Radio-Canada, les anglophones du Québec sont plus à plaindre que les
francophones hors Québec quant à la disponibilité de services fédéraux dans
leur langue. Ce qui a ensuite permis à Anthony Housefather, ex-président
dAlliance Québec invité à Dimanche Magazin, de jouer longuement au martyr
sur les ondes de notre radio dÉtat.
Le comble cest que CROP a classé les francophones et les anglophones en
fonction de la langue dusage à la maison au lieu de la langue maternelle.
En 2001, il y avait près de 400 000 personnes de langue maternelle française
à lextérieur du Québec qui parlaient langlais comme langue dusage à la
maison. Lapproche toute croche de CROP compte tous ces francophones
anglicisés comme autant danglophones bilingues. Ce qui a pour effet de
transformer lassimilation croissante des minorités francophones en une
poussée de bilinguisme parmi la majorité linguistique dans le Rest of
Canada. Bonne nouvelle, que Radio-Canada répand sans broncher
coast-to-coast-to-coast. Ignoble de se gargariser ainsi de bilinguisme sur
le dos des francophones en voie dassimilation.
On sait que Trudeau a enterré lapproche initiale de la Commission
Laurendeau-Dunton à la crise que traversait et que traverse encore le
Canada. Tant et si bien que depuis ladoption en 1969 de sa Loi sur les
langues officielles, langlicisation des francophones hors Québec na pas
dérougi. Langlicisation du Canada tout court se constate non seulement en
ce qui touche au poids de sa population qui parle le français comme langue
première mais jusque dans les données de recensement sur la connaissance du
français et de langlais. Ce que dissimule lhabituelle analyse euphorisante
des organismes gouvernementaux canadiens.
De Keith Spicer à Graham Fraser, les commissaires aux langues officielles du
Canada nous rappellent que le bilinguisme institutionnel du gouvernement
canadien vise à mettre fin à la discrimination linguistique en assurant aux
parlants français comme aux parlants anglais des services fédéraux de
qualité égale dans leur langue. Ce qui équivaut à protéger lunilinguisme,
quil sagisse dunilinguisme français ou anglais. Or, loin de se résorber,
le déséquilibre canadien en matière dunilinguisme saccentue à chaque
recensement.
De 1971 à 2001, les unilingues français sont passés de 18 à 13 % de la
population canadienne. Et la tendance semballe au point que le nombre
dunilingues français baisse maintenant en chiffres absolus, passant de 4,1
à 3,9 millions entre 1991 et 2001. Cela marque le renversement dune
tendance près de quatre fois séculaire, puisque le nombre dunilingues
français au Canada était sans doute en hausse depuis 1608.
Au contraire, lunilinguisme anglais sest maintenu parfaitement à 67 % de
la population. En chiffres absolus, il a progressé de 14 millions en 1971 à
20 millions en 2001. Alors que le nombre dunilingues français évolue
désormais à la baisse, le Canada compte un million dunilingues anglais de
plus à tous les cinq ans !
Par conséquent, la progression du bilinguisme na fait que compenser la
chute de lunilinguisme français. De sorte que le pourcentage de la
population canadienne qui se considère capable de parler français na pas du
tout augmenté, demeurant à 31 % en 2001 comme en 1971. En même temps, le
maintien de lunilinguisme anglais et la montée du bilinguisme ont fait
passer la connaissance de langlais au Canada de 80 à 85 % de la population.
En matière dunilinguisme et de bilinguisme, tout comme en celle de langue
maternelle ou de langue dusage, linégalité entre langlais et le français
sest creusée depuis la Commission Laurendeau-Dunton.
Mais présenter les choses de cette façon donnerait trop à réfléchir. Le
mandat de tout organisme fédéral est de renforcer lunité canadienne. Alors,
pour fêter lanniversaire de Laurendeau-Dunton, Radio-Canada nous commande
un CROP grand cru quil nous sert avec une publicité à la sauce franglaise,
du genre LE BILINGUISME / cest pas / «BEAUTIFUL» / ça ?
À propos, cette année est aussi le 30e anniversaire de la Charte de la
langue française. Ou plutôt de ce quil en reste. La loi 101 était censée
elle aussi protéger les parlants français contre la discrimination,
notamment dans le monde du travail. Attendons voir si Québec va fêter ça et,
le cas échéant, comment.
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